Nous avons vu dans la Fiche Pratique “Les besoins en eau” que l’une des conséquences de la sécheresse est la mortalité des feuilles. L’arbre les sacrifie pour empêcher la transpiration foliaire et donc sa perte en eau.

Cependant, la cause de mortalité la plus répandue en période de sécheresse est celle de l’embolie.

De la cavitation à l’embolie

Les conséquences de la sécheresse

On parle d’embolie de l’arbre lorsque des bulles d’air bouchent progressivement les vaisseaux permettant à la sève de monter. Ce phénomène met l’arbre en danger de mort.

Les plantes dites supérieures disposent d’un système de transport efficace leur permettant d’extraire l’eau du sol. Ce transport est assuré par un tissu de fibres ligneuses : le xylème. Celui-ci assure un continuum hydrique entre les racines et les feuilles.

Le fonctionnement hydraulique d’une plante peut être altéré par la “cavitation” du xylème. Une cavitation correspond à une rupture du circuit de l’eau en raison de la présence de bulles d’air. Ce phénomène brutal est suivi de l’embolie gazeuse : les cavités du xylème se remplissent d’air saturé en vapeur d’eau. La plante commence alors à dépérir.

Comment se forme l’embolie de l’arbre

La cavitation et l’embolie surviennent lorsque la sève a un potentiel hydrique faible (=fortes succions). L’action de la transpiration foliaire entraîne la sève vers le haut. Mais lorsque cette aspiration devient trop importante, la montée de la sève est perturbée par des entrées d’air via les “lenticelles” au niveau de l’écorce.

Soumises à ces fortes tensions hydrauliques, les feuilles et les petits rameaux qui les portent sont les éléments les plus vulnérables de la plante. Ce sont les premiers à dépérir.

Les causes de l’embolie

Les épisodes de sécheresse sont la principale cause des embolies, notamment dans le cadre du réchauffement climatique. Mais ce n’est pas la seule raison.

L’embolie peut également être causée par :

  • Des épisodes de gel,
  • Des attaques d’insectes,
  • Une taille mécanique de branche…

Une vulnérabilité qui varie selon les espèces

Tous les arbres ne sont pas sensibles de la même façon !

Toutes les espèces n’ont pas la même vulnérabilité face au phénomène de cavitation. Ainsi, les arbres issus de milieux arides sont naturellement plus résistants que ceux des milieux humides.

Potentiel hydrique du peuplier

Le peuplier (Populus deltoïdes) présenté sur ce graphique est l’espèce la plus vulnérable, alors que le buis (Buxus) est la plus résistante.

Entre ces deux extrêmes, on trouve un pin (Pinus sylvestris), le chêne pédonculé (Quercus robur), un cerisier sauvage (Prunus cerasifera) et le genévrier (Juniperus).

Les espèces les plus résistantes à la cavitation sont adaptées pour pousser dans les milieux secs.

Un paramètre important est la valeur du potentiel hydrique qui induit 50% de cavitation. Il est appelé P50 et permet de réaliser des comparaisons quantitatives entre les espèces.

Vulnérabilité à la cavitation

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