La Nutrition des arbres

Physiologie et nutrition

Extrait des fiches de fertilisation de Mme Marie-Agnès Bourdain, Ingénieur Agronome laboratoire du S.A.S.

La nutrition est conditionnée par des facteurs climatiques notamment par la disponibilité de l’oxygène et de l’eau pour les racines. Ces paramètres induisent une sélectivité racinaire et modifient la dynamique des éléments nutritifs dans la plante.

Facteurs limitant

Les facteurs plus rapidement « limitants » que d’autres. Il est inutile, notamment, de chercher à caler un équilibre nutritif tant que les facteurs premiers restent limitants : lumière, air, chaleur, eau.

Raisonnement des facteurs dans la physiologie du végétal.

La lumière = Principes d’énergie.

 La lumière est le premier facteur indispensable à la vie végétale. En effet, elle fournit l’énergie nécessaire au fonctionnement du moteur végétal.

Racine / Oxygène / Gaz carbonique

Oxygène et gaz carbonique = deuxième facteur de production au niveau des parties aériennes. L’oxygène et le gaz carbonique constituent le deuxième facteur de productivité après la lumière. En effet, ils constituent la base même de la matière végétale qui est composée majoritairement de :

Carbone : C, provenant du CO2 (gaz carbonique)
Oxygène : O, provenant du O2 (oxygène)
Hydrogène : H, provenant de H2 O (eau)
Oxygène disponible au niveau des racines = premier facteur de productivité et de fertilité avant l’eau. Contrairement à ce que l’on imagine, l’oxygène est limitant avant l’eau, au niveau des racines. Si l’exigence en oxygène des racines n’est pas satisfaite, la racine développe temporairement des réactions « passives » à dominante réductrice. L’inconvénient de ces réactions « passives », réside dans le fait que l’arbre s’intoxique. Sont notamment assimilés alors l’azote ammoniacal, l’aluminium, le manganèse, etc.. Ces formes « réduites » pénètrent passivement dans la racine, qui lui sont toxiques. Ces phénomènes passifs stoppent quand la pression en oxygène redevient normale. Les toxiques assimilés sont alors oxydés et donc « neutralisés ». Mais plus qu’une notion de quantité, il s’agit surtout ici d’une notion de « flux » d’oxygène. Cette notion de vitesse de renouvellement de l’oxygène sera un des éléments décisifs du choix du substrat. Lorsque la racine respire et consomme de l’oxygène dans la solution, elle rejette également du gaz carbonique (CO2). D’où la notion de flux et de circulation des gaz qui devient primordiale au niveau de la racine. L’augmentation de la pression partielle en gaz carbonique autour des racines (déchet respiratoire) se fait au détriment de la pression partielle en oxygène. Le seul moyen de maintenir une pression en oxygène suffisante est de « chasser » le gaz carbonique. L’action de « chasse » est alors effectuée majoritairement par la circulation de l’eau.

Racines / Chaleur
La chaleur = troisième facteur de productivité au niveau aérien et deuxième facteur de productivité au niveau racinaire,… toujours avant l’eau !

Les réactions consommatrices de chaleur sont nettement prédominantes dans le végétal. La respiration est la forme essentielle de perte d’énergie et de chaleur.
De plus, les réactions de base du fonctionnement du végétal sont catalysées par des enzymes. Ces enzymes ne sont fonctionnelles qu’à partir de certains seuils thermiques.
En conséquence, il est inutile de faire boire une plante qui a froid, et il est encore plus inutile et plus dangereux même de la nourrir. A noter que le couple arrosage/substrat, en conditionnant d’abord la pression en oxygène disponible pour les racines, conditionne également la « chaleur » fournie au niveau des racines.

Exemple: Cas de rosiers bouturés, cultivés sur substrats tourbeux fins, contenant peu de fibres grossières. Arrosage avec une eau non réchauffée et fraîche – saison hivernale. Tout arrosage dépassant une conductivité de 1,5 mS/cm induit des brûlures sur racines. Le facteur limitant est ici la chaleur fournie aux racines. Le substrat présente une chaleur massique insuffisante. « L’air » chaud ne circule pas suffisamment puisque le substrat reste trop longtemps gorgé d’eau. La racine abaisse alors son seuil de tolérance à la conductivité.

Le substrat absorbe la chaleur fournie par les rayons du soleil. La chaleur reçue dépend de nombreux facteurs : nature du pot, couleur du substrat, humidité. Les racines démarrent le fonctionnement a partir de 4 °C. Les deux grande périodes d’activités de l’arbre, la période d’« activité intense» de mars a octobre et le « repos végétatif » sur les mois de novembre à février,

Eau / Nutrition
Eau et éléments nutritifs = quatrième facteur de productivité. Une fois les trois premiers facteurs satisfaits, l’arbre peut s’alimenter ! La principale caractéristique de la nutrition hydrique réside dans le fait qu’il s’agit par-dessus tout d’une nutrition de transit. En effet, l’eau pénétrant par les racines, est rejetée dans l’atmosphère par la transpiration des organes aériens, en quantité de très loin supérieure à celle qui reste présente dans l’arbre à titre permanent. Elle se caractérise par une incorporation plus ou moins complète de ces éléments nutritifs.